Il arrive souvent que, lors d’un rassemblement ‘hassidique, après une histoire inspirante ou un nigoun qui remue l’âme, quelqu’un se lève et déclare : « Je prends sur moi une ha’hlata. »
Le mot hébraïque ha’hlata signifie littéralement « décision », mais, dans la pratique juive, il désigne généralement la ferme résolution de faire désormais mieux, en traduisant l’inspiration en actes. Un autre mot couramment employé est kabbala, « acceptation », car la personne prend cet engagement sur elle-même.
Les ha’hlatot sont souvent prises dans des moments où la conscience est particulièrement vive : le jour de son anniversaire, en réponse à des difficultés collectives, ou en toute autre occasion particulière ou marquante. Le moment passe, mais la ha’hlata est destinée à demeurer.
Les résolutions sont toutefois connues pour s’essouffler peu après avoir été prises. Mais il ne doit pas nécessairement en être ainsi. Le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, a proposé plusieurs moyens de faire en sorte que nos résolutions demeurent durables et porteuses de sens.
1. Mieux vaut agir que ne rien faire.
Il est facile de se perdre dans des calculs et des réflexions interminables pour déterminer quelle serait la meilleure conduite à adopter et si telle résolution changera réellement quelque chose. La vérité est que toute bonne action – même infime – vaut mieux que l’inaction. Alors, allez-y et prenez votre résolution.1
2. Veillez à ce qu’elle soit réalisable.
Votre ha’hlata doit vous pousser hors de votre zone de confort – elle doit aller un peu au-delà de ce que vous pensez pouvoir accomplir facilement. Dans le même temps, elle doit rester pratique et réaliste afin de pouvoir durer.
Aux personnes qui travaillaient toute la journée et souhaitaient étudier le soir, le Rabbi conseillait les traités plus courts du Talmud et l’étude des lois pratiques du judaïsme : de plus petites doses d’étude auxquelles elles pourraient se consacrer après une journée fatigante.2
3. Soyez précis.
Une ha’hlata vague et trop générale se dissipe facilement. Au lieu de dire : « Je serai une personne plus bienveillante », dites : « Je me montrerai plus bienveillant envers mon collègue difficile. » Vous pouvez également limiter votre résolution à une période de quelques semaines ou de quelques mois, plutôt que de la prendre « à partir de maintenant ». Définir précisément le moment et la portée de votre résolution augmente la probabilité que vous la meniez à bien.3
4. Annoncez-la autour de vous.
Annoncer publiquement votre résolution vous rend davantage responsable de sa mise en œuvre et crée autour de vous un réseau de proches qui peuvent entretenir votre motivation et vous aider lorsque les choses deviennent difficiles.4
5. Commencez immédiatement.
Philip Stanhope, quatrième comte de Chesterfield, a écrit : « Tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait. » Le Rabbi, cependant, insistait sur l’immédiateté. Tout bien qui mérite d’être accompli mérite de l’être maintenant. N’attendez pas demain ; mettez pleinement en œuvre votre ha’hlata dès aujourd’hui.5
6. Avancez un jour après l’autre.
Le meilleur moyen de mener à bien un immense projet consiste à le décomposer en éléments plus petits et plus faciles à gérer. Une personne demanda un jour comment atteindre un niveau plus élevé dans l’étude, et le Rabbi répondit : « Avancez pas à pas. »6 Dans Le Club des 5 heures du matin, Robin Sharma appelle cela « l’accumulation des jours ». Il explique que les petites choses accomplies chaque jour sont bien plus importantes que les grandes choses accomplies de temps à autre. En améliorant une compétence de seulement un pour cent chaque jour, vous atteignez une progression de 3678,34 % sur une année.
7. Programmez un rappel.
Intégrer votre ha’hlata à votre routine quotidienne peut augmenter la probabilité qu’elle soit mise en œuvre ; l’un des moyens d’y parvenir consiste à programmer un rappel récurrent. Une enfant se rendit compte qu’elle s’était montrée irrespectueuse envers l’un de ses parents et demanda conseil au Rabbi. Le Rabbi lui suggéra d’écrire le commandement biblique « Honore ton père et ta mère » et de le garder dans sa poche afin de le relire de temps en temps.7
Une ha’hlata positive possède une grande force ; même si elle porte sur quelque chose que vous avez toujours cru ne pas pouvoir accomplir, il se peut fort bien que vous trouviez en vous la force d’y parvenir. Comme l’enseignait le Rabbi, lorsque vous prenez une bonne résolution, même si vous ne voyez pas nécessairement comment elle pourra naturellement se réaliser, D.ieu vous accorde des forces supplémentaires pour vous permettre d’aller jusqu’au bout.8
Bonne chance !

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