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À l’approche de l’année juive 5787 (les premières bougies de Roch Hachana/Chabbat seront allumées le vendredi soir 11 septembre, avant le coucher du soleil), nous avons pris le temps d’examiner ce qui distingue cette année. Curieux ? Poursuivez votre lecture !

1. C’est l’année la plus longue possible

Les années juives n’ont pas toutes la même durée. Alors que, dans le calendrier grégorien, l’année la plus courte n’a qu’un jour de moins que la plus longue, le calendrier juif présente une variation bien plus importante. Une année peut compter de 353 à 385 jours !

Deux facteurs expliquent cela. Premièrement, une année juive embolismique comporte un mois supplémentaire entier. Deuxièmement, la durée des mois de ‘Hechvane et Kislev peut varier : ils peuvent tous deux compter 29 jours, tous deux 30 jours, ou bien ‘Hechvane peut en compter 29 et Kislev 30.

En combinant ces deux facteurs, l’année la plus longue possible est une année embolismique dans laquelle ‘Hechvane et Kislev comptent chacun 30 jours – soit 385 jours au total. Et c’est exactement le cas cette année ! Profitez-en donc pleinement et remplissez-la d’autant de Torah, de lumière et de bonté que possible.

2. Elle commence et s’achève par Chabbat

Voici quelque chose d’encore plus rare : cette année commence et s’achève par Chabbat. Pour que cela se produise, l’année doit être une année complète de 385 jours. En effet, parmi toutes les durées d’année possibles (353, 354, 355, 383, 384 ou 385 jours), seule une année de 385 jours est exactement divisible par sept, ce qui donne précisément 55 semaines.

Mais une année de 385 jours ne commence pas nécessairement un Chabbat. Elle peut aussi commencer un lundi ou un jeudi. Une année de 385 jours qui commence un Chabbat est une heureuse rareté qui ne se présente que trois ou quatre fois au cours d’une vie moyenne ! La dernière fois, c’était en 5763 (2002–2003), et la prochaine ne surviendra qu’en 5814 (2053–2054).

Techniquement, l’année 5787 s’achèvera un vendredi. Mais la loi juive exige que quelques instants de la fin du vendredi soient ajoutés à Chabbat,1 de sorte que les tout derniers instants de l’année appartiendront à Chabbat. Quoi qu’il en soit, cette année est prise en sandwich entre deux jours de repos, ce qui confère à l’ensemble de l’année un éclat particulier de sérénité et de sainteté.

3. Soukkot et ‘Hanouka commencent et s’achèvent un Chabbat

Le thème de Chabbat ne s’arrête pas là. Il traverse toute l’année ! Cette année, Soukkot et ‘Hanouka – les deux fêtes de huit jours du calendrier juif – commencent et s’achèvent toutes deux un Chabbat. Et d’autres jours particuliers tombent eux aussi un Chabbat : le 15 Chevat (le Nouvel An des arbres) et le deuxième jour de Chavouot.

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4. Le bicentenaire du décret des cantonistes

Cette année marque également le bicentenaire du tristement célèbre décret des cantonistes de 1827. Le 7 septembre de cette année-là,2 correspondant au 15 Eloul, le tsar Nicolas Ier signa un texte de loi en vertu duquel des garçons juifs étaient enrôlés de force dans l’armée pour six années de formation, suivies de 25 années de service actif.

Ces garçons étaient envoyés dans des écoles militaires appelées « cantons », loin de leur foyer et de leur famille, et soumis à des pressions incessantes pour qu’ils se convertissent. Pourtant, nombre d’entre eux demeurèrent fermement attachés à la foi de leur enfance, déterminés à rester juifs quel qu’en soit le prix. Le décret resta en vigueur jusqu’en 1856.

5. Le centenaire d’une date majeure de l’histoire judéo-soviétique

Il y a un siècle, le 14 juin 1927, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn de Loubavitch fut arrêté à son domicile de Leningrad par la police secrète soviétique et jeté dans la tristement célèbre prison de Spalerno. Son crime ? Avoir défendu la tradition juive et le droit de chaque Juif de pratiquer librement sa religion. D’abord condamné à mort, il vit sa peine commuée en dix années de travaux forcés aux îles Solovki, puis de nouveau réduite à trois années d’exil à Kostroma.

Puis, miraculeusement, le 12 Tamouz (12 juillet), il reçut la nouvelle qu’il était libre de rentrer chez lui et de poursuivre son œuvre sainte. Sa libération signifiait bien davantage que la libération d’un seul homme. Elle témoignait de la victoire de la lumière sur les ténèbres et de cette vérité éternelle : aucune force ne pourra jamais empêcher le peuple juif de vivre en Juifs.

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6. C’est une année de Chékhina et de parole

Quel est donc le sens profond du nombre 385, le nombre de jours de cette année ?

En hébreu, le nombre 385 s’écrit שפה, ce qui forme également le mot signifiant « parole ». Ce nombre se trouve aussi être la valeur numérique de שכינה – Chékhina, la Présence divine.3 Les enseignements kabbalistiques relient la Chékhina à la parole divine et soulignent que ce lien se reflète également dans notre propre parole humaine.4

Peut-être le message de cette année est-il de faire de nos vies et de nos foyers des lieux où la présence de D.ieu puisse véritablement se sentir chez elle. Et un moyen particulièrement puissant d’y parvenir consiste à sanctifier notre parole : parler avec honnêteté, employer un langage pur et nous servir de nos mots pour partager avec autrui la lumière de la Torah.5

Nous vous souhaitons une chana tova, remplie de douceur, de bonté et d’une félicité imprégnée de Chabbat !