Il y a cinquante ans, durant l’été 1976, Israël stupéfia le monde lorsque 100 combattants d’élite parcoururent en avion plus de 4 000 kilomètres jusqu’en Ouganda et, en seulement 90 minutes, libérèrent 102 Juifs retenus en otage par des pirates de l’air palestiniens.

Alors qu’en Israël et dans le monde, les célébrations, le deuil et les débats se prolongèrent pendant des mois, à Brooklyn, le Rabbi montra clairement comment la main de D.ieu avait guidé toute cette histoire, depuis le détournement de l’avion et la préparation du sauvetage jusqu’au caractère miraculeux de l’opération elle-même. Dans les mois qui suivirent, le Rabbi s’attacha, avec la clarté qui le caractérisait, aux enseignements qu’il convenait d’en tirer.

Un paisible dimanche après-midi de l’été 1976, le monde fut bouleversé par la nouvelle qu’un vol international transportant des centaines de passagers, dont plus d’une centaine de Juifs, était tombé aux mains de terroristes palestiniens.

Après une série de rebondissements dramatiques, les passagers furent conduits à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda, où les terroristes, avec l’appui du régime ougandais, les retinrent prisonniers. Les passagers juifs furent séparés des autres, qui finirent par être libérés, tandis que les Juifs demeuraient en otage et étaient menacés de mort si Israël ne satisfaisait pas aux exigences des pirates de l’air.

À mesure que la nouvelle se répandait, l’angoisse s’empara du monde juif. Partout, des communautés se réunirent pour adresser des prières ferventes à D.ieu, tandis que les familles attendaient désespérément des nouvelles. Le sort des otages ne tenant qu’à un fil, une nation tout entière retint son souffle pendant que la crise se déroulait.

De la bouche des tout-petits

Quelques mois auparavant, le Rabbi avait tenu un rassemblement particulier à l’occasion du lancement d’une nouvelle campagne, Chnat Ha’hinoukh, l’Année de l’éducation juive, au cours duquel il avait déclaré :

L’un des moyens les plus puissants de faire pencher la balance, pour soi-même et pour le monde entier, du côté du mérite, réside dans le principe : « Par la bouche des enfants et des nourrissons, Tu as fondé Ta puissance. »1 De cette manière, l’ennemi et le vengeur seront anéantis alors qu’ils n’existent encore qu’en puissance, avant de pouvoir se manifester concrètement.2

Dans le cadre de l’Année de l’éducation, le Rabbi présenta 12 passages de la Torah (« psoukim ») qui résument l’essence du judaïsme, et suggéra que chaque enfant les apprenne par cœur.

Quelques jours après le sauvetage miraculeux d’Entebbe, le Rabbi consacra presque toute une allocution à l’opération, soulignant la puissance des prières des enfants juifs et les encourageant une nouvelle fois à mémoriser les 12 passages récemment présentés.3 Le Rabbi développa ensuite chacun de ces passages, expliquant la force particulière que chacun recèle pour nous aider à vaincre nos ennemis.

Ce fut loin d’être la seule fois où le Rabbi évoqua le sauvetage. Pour comprendre l’ensemble de l’histoire, il convient de revenir sur le déroulement du détournement lui-même.

Le détournement

L’histoire commença le 27 juin 1976.

Le vol 139 d’Air France était un vol long-courrier reliant Tel-Aviv à Paris, avec une escale prévue à Athènes. Des familles et des touristes prirent place à bord pour ce qui devait être un vol international ordinaire. Après Athènes, d’autres passagers embarquèrent, puis l’avion redécolla dans le ciel méditerranéen.

Peu après le décollage, une fois l’appareil parvenu à son altitude de croisière, quatre passagers dévoilèrent leur véritable identité : c’étaient des pirates de l’air armés. Deux étaient des Palestiniens liés au Front Populaire de Libération de la Palestine, et les deux autres des militants allemands appartenant à un groupe d’extrême gauche. Ils parcoururent rapidement la cabine, se frayèrent un chemin jusqu’au poste de pilotage et annoncèrent que l’avion était désormais sous leur contrôle.

Sous la menace des armes, le pilote reçut l’ordre de changer de cap. L’avion vira vers le sud, s’éloignant de l’Europe en direction de la Libye.

Quelques heures plus tard, il atterrit à Benghazi. Les autorités libyennes n’intervinrent pas, et des camions-citernes furent amenés pour ravitailler l’appareil.

À l’intérieur de l’avion, les pirates de l’air parcouraient l’allée en vérifiant les passeports, échangeaient à voix basse entre eux et commençaient à répartir les passagers en différents groupes.

Lors de l’escale, une passagère tomba gravement malade, ou feignit de l’être, et fut finalement autorisée à quitter l’appareil pour recevoir des soins médicaux à Benghazi. Elle fut la seule passagère libérée à ce stade.

Dans le même temps, les pirates de l’air commencèrent à formuler plus clairement leurs exigences : la libération de dizaines de militants palestiniens détenus en Israël et dans plusieurs pays européens.

Après plusieurs heures au sol, l’avion redécolla. Personne à bord ne savait quelle serait sa prochaine destination.

Il vola durant des heures vers le sud-est, à travers l’Afrique, bien au-delà du point à partir duquel un retour aurait été aisé. Finalement, il atterrit de nouveau, cette fois à Entebbe, en Ouganda.

Lorsque l’avion s’immobilisa, il devint évident qu’il ne s’agissait pas d’une escale provisoire. Des soldats ougandais étaient présents, et l’appareil ne fut pas traité comme s’il effectuait un atterrissage d’urgence, mais comme si son arrivée avait été planifiée et attendue. Les pirates de l’air bénéficiaient du soutien du dictateur Idi Amin, qui se rendrait par la suite personnellement à l’aéroport et s’impliquerait dans la situation.

Les passagers reçurent l’ordre de descendre de l’avion et furent contraints de gagner un ancien terminal désaffecté. Le bâtiment était sombre, étouffant et mal entretenu, et sa ventilation était insuffisante pour le nombre croissant de personnes qui s’y trouvaient entassées. Dans un premier temps, les familles restèrent réunies, mais la confusion se répandit rapidement tandis que des hommes armés circulaient parmi les passagers et les séparaient en fonction de leur nationalité et de leur identité.

Photographie prise en 1994 de l’ancien terminal, devant lequel stationne un C-130 Hercules de l’armée de l’air américaine. Les impacts de balles laissés par le raid de 1976 sont encore visibles.
Photographie prise en 1994 de l’ancien terminal, devant lequel stationne un C-130 Hercules de l’armée de l’air américaine. Les impacts de balles laissés par le raid de 1976 sont encore visibles.

Les passagers israéliens et ceux qui avaient été identifiés comme juifs furent mis à part. Les passagers non juifs furent finalement libérés par groupes au cours des jours suivants. Une centaine d’otages juifs demeurèrent sur place, sous forte garde.

À l’extérieur de ce terminal, Israël commençait à élaborer sa réponse.

Au-delà de l’ordre naturel

Dans une série d’allocutions prononcées par la suite, le Rabbi montra que chaque détail de cette histoire échappait manifestement aux règles ordinaires de la nature.

Le fait même que le détournement ait réussi était totalement contraire à l’ordre naturel. Normalement, les pirates de l’air auraient dû échouer à un moment ou à un autre. Ils auraient dû être arrêtés à l’aéroport, puisqu’un contrôle même sommaire aurait permis de découvrir leurs armes. Pourtant, bien qu’ils eussent été contrôlés comme tous les autres passagers, leurs armes ne furent pas détectées. Ils étaient en outre particulièrement visibles et se distinguaient de la foule par leur tenue vestimentaire, leur langue et leurs bagages, autant d’éléments qui auraient dû inciter les services de sécurité à les fouiller plus minutieusement.

« Le caractère totalement contraire à l’ordre naturel de cet événement, déclara le Rabbi, ressort du fait que l’une des passagères, qui fut ensuite retenue en otage, déclara aux personnes assises près d’elle que ces gens [les pirates de l’air] lui paraissaient suspects et qu’elle avait peur de monter dans l’avion… »

Pourtant, personne ne les arrêta. Même une fois à bord, il aurait été facile de les neutraliser. Ils étaient très largement en infériorité numérique : seulement quatre pirates de l’air face à plus de 200 passagers, dont certains avaient même reçu une formation leur permettant de les maîtriser ! Mais personne ne le fit.

Selon tout calcul naturel, les pirates de l’air auraient dû être arrêtés à un moment ou à un autre. Pourtant, contre toute attente, le détournement se déroula sans le moindre accroc. Par tout cela, expliqua le Rabbi, D.ieu nous montrait, étape après étape, que l’ensemble de ces événements avait été orchestré par Lui et devait servir d’enseignement.

La décision d’agir

En Israël, la crise devint rapidement une obsession nationale. Les journaux publiaient continuellement de nouvelles informations, et les familles des otages suppliaient les autorités d’agir. Les responsables militaires, les dirigeants des services de renseignement et les ministres du gouvernement se réunissaient jour et nuit.

Depuis des années, Israël appliquait une politique ferme consistant à ne pas céder aux exigences des terroristes. On craignait que chaque concession n’encourage un nouveau détournement, un nouvel enlèvement et une nouvelle tentative de chantage. Mais, cette fois, plus de 100 otages juifs et israéliens étaient retenus en Ouganda sous la menace d’une exécution.

À contrecœur, Israël engagea des négociations.

Alors que, publiquement, les responsables semblaient disposés à discuter des exigences des pirates de l’air et demandaient un délai supplémentaire, quelque chose de tout à fait différent prenait forme en coulisses.

Les informations commencèrent à affluer, fournies par les otages libérés, les sources des services de renseignement et des spécialistes de l’aéroport : la configuration du terminal, la position des gardes, le nombre de terroristes et les habitudes observées à l’intérieur du bâtiment. Des officiers étudièrent des cartes, construisirent des maquettes et commencèrent à élaborer une mission de sauvetage que beaucoup jugeaient presque inconcevable.

L’Ouganda se trouvait à plus de 4 000 kilomètres d’Israël, au cœur d’un territoire hostile. L’opération envisagée paraissait si risquée que certains de ses propres concepteurs doutaient qu’elle puisse réussir.

Dan Chomron, l’un des généraux qui contribuèrent à diriger l’opération, se souvint plus tard de l’atmosphère qui régnait lors de ces réunions :

« Après que j’eus présenté le plan, [le ministre de la Défense Shimon] Pérès demanda à toutes les personnes présentes : “Quelles chances de réussite lui accordez-vous ? Combien de victimes pensez-vous qu’il y aura ? Recommandez-vous de mettre ce plan à exécution ?” La plupart d’entre elles ne voulurent pas répondre… »

En cas d’échec, des dizaines d’otages risquaient d’être tués. Des soldats israéliens pouvaient se retrouver bloqués en Ouganda. Le pays pouvait être confronté à une catastrophe militaire et politique sans précédent dans son histoire.

Même à mesure que les plans devenaient plus précis, aucune décision définitive n’avait encore été prise. L’opération n’était qu’une possibilité parmi plusieurs.

Alors même que les avions traversaient l’Afrique en direction de l’Ouganda, les membres du gouvernement israélien débattaient encore de la poursuite ou non de la mission. Le risque de lourdes pertes pesait fortement sur toutes les personnes concernées.

Des considérations politiques entraient également en jeu. Une grande partie du matériel utilisé, notamment les avions de transport, avait été fournie par les États-Unis. Selon la politique américaine, ce matériel était destiné à des usages défensifs. Certains responsables craignaient qu’un raid à longue distance en Ouganda ne provoque une crise diplomatique susceptible d’affecter la coopération militaire et les ventes d’armes futures.

Finalement, après un débat intense, le vote fut unanime : l’opération Entebbe aurait lieu.

Une décision au-delà de tout calcul

La décision de lancer l’opération, souligna par la suite le Rabbi, constituait elle-même un miracle.

D’un point de vue pratique, l’opération Entebbe n’avait guère de sens. Les otages étaient retenus à des milliers de kilomètres, les risques étaient immenses et les chances de réussite paraissaient minces. Selon les calculs militaires et les conseils des alliés d’Israël, toutes les raisons plaidaient contre son exécution.

« Selon tous les calculs et selon les conseils de leurs “bons amis”, il était absolument exclu qu’ils entreprennent une telle opération. Mais dès lors que D.ieu leur inspira l’idée de ne pas tenir compte de tous ces calculs, ils passèrent à l’action. »

Il en allait de même des soldats eux-mêmes. Le Rabbi expliqua que se porter volontaire pour une telle mission allait à l’encontre de l’instinct corporel le plus fondamental, le désir de préserver sa propre vie. Pourtant, ces soldats choisirent de leur plein gré de parcourir des milliers de kilomètres jusque dans un territoire ennemi afin de sauver d’autres Juifs. Leur disposition à agir ainsi témoignait de quelque chose de plus profond que tout calcul matériel. C’était une victoire du spirituel sur le matériel.

Des commandos de la Sayeret Matkal avec la Mercedes dont ils se servirent pour tromper les Ougandais. (
Pho: porte-parole de Tsahal.) - Unité du porte-parole de Tsahal
Des commandos de la Sayeret Matkal avec la Mercedes dont ils se servirent pour tromper les Ougandais. ( Pho: porte-parole de Tsahal.)
Unité du porte-parole de Tsahal

« Cela nous montre clairement, avant toute chose, qu’“il y a un Maître à ce palais », déclara le Rabbi.

Quatre-vingt-dix minutes à Entebbe

Peu avant minuit, le 3 juillet 1976, quatre avions de l’armée de l’air israélienne disparurent dans l’obscurité au-dessus de l’Afrique.

À New York, c’était l’après-midi de Chabbat, et de nombreux ‘hassidim furent témoins d’un fait inhabituel : au milieu de l’office de l’après-midi, le Rabbi prit soudain un livre de Tehilim et se mit à en réciter plusieurs chapitres.

À bord des appareils se trouvaient des centaines de soldats des unités d’élite de Tsahal, qui parcouraient plus de 4 000 kilomètres depuis Israël pour accomplir une mission que beaucoup estimaient vouée à l’échec.

L’ensemble de l’opération reposait sur l’effet de surprise.

Les soldats savaient qu’ils ne disposaient que de quelques minutes. Ils devaient atterrir, atteindre le terminal, éliminer les terroristes, libérer les otages et repartir avant que les forces ougandaises puissent réagir. Ils prenaient également un risque immense en survolant plusieurs pays, où ils pouvaient être détectés par les radars ennemis et interceptés.

Ils savaient que, si la mission tournait mal, ils pourraient se retrouver confrontés non seulement aux terroristes, mais peut-être même à toute l’armée ougandaise.

À l’approche d’Entebbe, les pilotes volèrent à très basse altitude afin d’éviter d’être repérés. Ils atterrirent dans l’obscurité, et les forces de sauvetage se dirigèrent aussitôt vers le terminal.

À la tête du premier convoi se trouvait une Mercedes noire destinée à ressembler à la voiture officielle du président ougandais. Le plan consistait à franchir les postes de garde avant que les soldats ne comprennent que quelque chose d’anormal se produisait.

Pendant un instant, le stratagème fonctionna. Puis les soldats ougandais découvrirent la supercherie et ouvrirent le feu.

Les commandos accélérèrent immédiatement en direction du bâtiment. Lorsqu’ils firent irruption à l’intérieur, ils crièrent aux otages : « Tout le monde à terre ! Nous sommes des soldats israéliens ! »

Les otages se jetèrent au sol tandis que les soldats progressaient rapidement dans le terminal. Les terroristes furent pris au dépourvu et, en quelques instants, les commandos neutralisèrent la menace.

Les soldats continuèrent de fouiller chaque pièce en criant : « Les soldats israéliens sont là ! Vous êtes en sécurité ! »

L’une des principales difficultés consistait à convaincre les otages que les forces de sauvetage étaient véritablement arrivées. Certains craignaient qu’il ne s’agisse d’une nouvelle ruse des terroristes.

Les commandos regroupèrent les otages et commencèrent à les conduire à une vitesse fulgurante vers les avions qui les attendaient, tandis que les soldats ougandais continuaient à tirer depuis les environs.

À l’extérieur, les combats se poursuivaient. Les forces israéliennes détruisirent les avions de chasse ougandais stationnés sur la piste afin de les empêcher de poursuivre les appareils après leur décollage.

L’ensemble du sauvetage fut achevé en 90 minutes environ. Lorsque le dernier avion quitta Entebbe, la mission impossible avait réussi : 102 otages avaient été sauvés.

La réaction du monde

La nouvelle se répandit rapidement dans le monde entier. Les gouvernements, les responsables militaires et le grand public furent stupéfaits qu’une opération aussi audacieuse, menée à des milliers de kilomètres d’Israël et au cœur d’un pays hostile, ait pu réussir.

En Israël, la peur et l’incertitude qui avaient saisi le pays laissèrent place à des scènes de liesse. Les familles qui avaient attendu avec angoisse durant plusieurs jours virent enfin leurs proches rentrer chez eux. À l’aéroport, des milliers de personnes se réunirent pour accueillir les otages libérés, les acclamant en pleurant lorsqu’ils descendirent de l’avion.

Dans tout le monde juif, les communautés suivirent les événements avec émotion et soulagement. Au-delà d’une victoire militaire, l’opération devint un symbole de courage et de détermination à protéger les vies juives, où qu’elles se trouvent.

Les passagers libérés sont accueillis à l’aéroport Ben-Gourion. - Bureau de presse du gouvernement israélien
Les passagers libérés sont accueillis à l’aéroport Ben-Gourion.
Bureau de presse du gouvernement israélien

Des experts militaires qualifièrent par la suite le raid d’Entebbe de « mission de sauvetage d’otages la plus audacieuse de l’histoire ». L’opération devint un cas d’école pour les forces spéciales du monde entier et demeure, plusieurs décennies plus tard, l’une des missions de sauvetage les plus remarquables jamais accomplies.

Tout jouait contre eux

Lors du rassemblement, le Rabbi expliqua que le plus grand miracle du sauvetage d’Entebbe ne résidait pas seulement dans l’audace de l’opération elle-même, mais dans le fait que toute la mission avait réussi malgré les immenses difficultés auxquelles elle se heurtait.

Dans des circonstances normales, une opération militaire repose sur une supériorité écrasante. Une force importante intervient et utilise l’avantage du nombre et de la puissance de feu pour intimider et vaincre l’ennemi. La mission d’Entebbe devait, au contraire, être menée dans le secret le plus absolu.

Les soldats israéliens avaient tout contre eux. Les forces militaires ougandaises présentes à l’aéroport étaient plus nombreuses et disposaient de davantage d’armes et de munitions.

Le fait que les avions soient parvenus à Entebbe sans être repérés constituait en soi un miracle. Il aurait dû être impossible de dissimuler un trajet aussi long au-dessus d’un si grand nombre de pays. Des centaines de personnes, notamment les familles des soldats et d’autres personnes associées aux préparatifs, savaient que quelque chose se préparait. Pourtant, les terroristes ignoraient totalement qu’une mission de sauvetage était en route.

Cela, déclara le Rabbi, démontrait au monde entier que D.ieu dirige le monde et que, lorsque des vies juives sont en jeu, les règles habituelles de la nature ne constituent pas un obstacle. La force spirituelle inhérente à la protection de la vie juive peut surmonter les obstacles matériels les plus puissants.

Le Rabbi ajouta que l’enseignement d’Entebbe s’applique à chaque individu. De même que le spirituel avait triomphé du matériel au cours de cette opération, chacun de nous doit s’efforcer de laisser son âme guider son être physique. Cela signifie introduire davantage de sainteté dans la vie quotidienne en accomplissant des mitsvot concrètes.

Un enseignement douloureux

Un épisode douloureux du sauvetage d’Entebbe survint durant les derniers instants de l’opération. Lorsque les commandos israéliens firent irruption dans le terminal, ils crièrent aux otages, en hébreu et en anglais, de se coucher au sol. Tragiquement, plusieurs otages se levèrent et, dans la confusion, les soldats les prirent pour des terroristes. Trois Juifs furent ainsi tués pendant le sauvetage.

Le Rabbi expliqua que cela aussi indiquait que D.ieu était à l’œuvre dans l’ensemble de l’opération.

Ces morts ne furent pas simplement la conséquence naturelle ou inévitable d’une mission militaire. Si les otages étaient demeurés au sol comme cela leur avait été ordonné, ils auraient survécu. De même, la perte du commandant de l’opération, Yonatan Netanyahou, ne résultait pas du fait que des pertes étaient inévitables : il fut tué par une balle perdue.

« Si le but de tout cet épisode était uniquement de révéler les miracles de D.ieu, pourquoi fallait-il que cela s’accompagne de tant de douleur et de souffrance ? demanda le Rabbi. Pourquoi fallait-il que des personnes passent une semaine terrifiées en captivité ? Pourquoi fallait-il que quiconque perde la vie ? Il doit y avoir là un message plus profond de la part de D.ieu. »

Le Rabbi expliqua que le sauvetage n’était pas seulement un miracle, mais également un avertissement. De même que le monde réagit en renforçant la sécurité dans les aéroports afin qu’une telle tragédie ne puisse se reproduire, le peuple juif doit renforcer sa propre sécurité spirituelle en intensifiant l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot.

L’appel en faveur de la mézouza

Le Rabbi, citant le Talmud,4 compara un Juif privé de Torah à un poisson retiré de l’eau. Quel que soit le nombre de personnes qui décideraient que le poisson a sa place sur la terre ferme, il ne pourrait y survivre. Le Juif trouve sa véritable existence dans la Torah, et rien ne peut s’y substituer.

Le Rabbi dirigeant un farbrenguen. - Photo: Jewish Educational Media/The Living Archive
Le Rabbi dirigeant un farbrenguen.
Photo: Jewish Educational Media/The Living Archive

Le Rabbi appela ensuite chacun à renforcer la mitsva de la mézouza, expliquant que celle-ci entretient un lien particulier avec la sécurité.

La mézouza protège la maison et la personne. Le Rabbi souligna que chaque mézouza cachère supplémentaire accroît la protection de l’ensemble du peuple juif. Chacun devait donc faire immédiatement vérifier ses mézouzot, quelle que fût la date de leur dernier examen. Cela concernait tout particulièrement les soldats ayant participé à l’opération et les otages libérés.

« La sécurité du peuple juif est en jeu, déclara le Rabbi. Chacun doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que chaque foyer juif possède une mézouza. »

Une découverte saisissante

Dans les jours qui suivirent, les ‘hassidim d’Israël lancèrent une vaste campagne, allant de maison en maison pour vérifier les mézouzot, en accordant une attention particulière aux domiciles des otages libérés. À leur stupéfaction, dans chacun des foyers d’otages où les mézouzot furent vérifiées, un problème ou une défectuosité fut découvert dans l’une d’elles.

Trois jours plus tard, le Rabbi tint un autre rassemblement et fit part du rapport saisissant qu’il avait reçu au sujet des mézouzot des otages, expliquant que ces résultats rendaient son appel encore plus urgent.5 Il appela chaque otage à faire connaître ces découvertes, non pour souligner une erreur, mais afin d’éveiller les autres à l’importance de posséder des mézouzot cachères.

Lors d’un rassemblement ultérieur, le Rabbi souligna une nouvelle fois que toutes les personnes impliquées dans l’opération d’Entebbe, aussi bien les otages que les soldats, devaient s’assurer qu’elles possédaient des mézouzot cachères. Les soldats devaient en outre veiller à ce qu’une mézouza soit à la disposition de chaque soldat de l’armée, quel que soit son lieu d’affectation.6

Était-ce un miracle ?

Après une semaine de peur et d’incertitude, le sauvetage miraculeux des otages émerveilla les Juifs du monde entier, qui remercièrent D.ieu pour cette délivrance extraordinaire et pour les miracles manifestes qui s’étaient produits.

Certains soutinrent cependant que cette opération n’était pas un miracle. Leur raisonnement était que D.ieu n’accomplirait pas de miracles par l’intermédiaire de personnes qui n’observaient pas la Torah.

Le Rabbi s’éleva avec vigueur contre ces affirmations.7 Il cita l’exemple du roi ‘Hizkiyahou,8 dont D.ieu ne fit pas le Machia’h parce qu’après le miracle de la défaite de l’armée de Sennachérib, il ne remercia pas convenablement D.ieu.

Le Rabbi expliqua que cet épisode nous enseigne l’immense importance de reconnaître les miracles de D.ieu et de L’en remercier. Lorsqu’un miracle de l’ampleur de celui d’Entebbe se produit, le peuple juif doit reconnaître la bonté de D.ieu. Nier qu’un tel sauvetage ait constitué un miracle est donc extrêmement grave.

Cinquante ans plus tard, Entebbe demeure un puissant rappel que la main de D.ieu guide chaque événement. Le Rabbi enseigna que la véritable leçon de ce sauvetage ne consiste pas seulement à reconnaître le miracle, mais à y répondre en renforçant notre lien avec D.ieu par la Torah et les mitsvot.

Adapté avec l’aimable autorisation de Anash.org, d’après des articles publiés dans le magazine Derher