1. L’hébreu est appelé la Langue sainte
L’hébreu est traditionnellement appelé le Lachone Hakodech (« la Langue sainte »). Pourquoi cela ? Maïmonide dit que c’est parce que cette langue ne comporte pas de termes propres pour désigner les actes impudiques et les parties intimes du corps. Na’hmanide, en revanche, explique que c’est parce qu’il s’agit de la langue que D.ieu utilisa pour communiquer Sa volonté par l’intermédiaire des prophètes.
2. L’hébreu est la langue de la Bible — ou presque
La très grande majorité de la Bible hébraïque (Tanakh) est écrite en hébreu. (Certains des derniers livres de la Bible, Daniel et Ezra, contiennent d’importants passages en araméen, la langue véhiculaire du peuple juif pendant son exil babylonien.)
3. Peut-on dire « oui » en hébreu ?
L’hébreu a évolué au fil du temps. En hébreu moderne (Ivrit), lo signifie « non » et kèn signifie « oui ». En hébreu de la Michna, qui était en usage il y a environ 2 000 ans, le mot pour dire « oui » était hèn. Et si l’on remonte à l’hébreu biblique, il ne semble pas qu’il ait existé de mot spécifique pour dire « oui ». Dans son contexte biblique, kèn signifie « ainsi » et « vrai », mais pas le simple « oui » tel qu’on l’emploie aujourd’hui.
4. En hébreu, chalom signifie bien plus que la paix
Le mot hébreu le plus connu aujourd’hui est peut-être chalom, qui signifie la paix. Cependant, ce mot signifie bien plus que cela. Il peut être employé à la fois pour dire « bonjour » et « au revoir », et possède également d’autres significations. Une forme légèrement modifiée, chalem, signifie « parfait » ou « complet », car tant qu’il n’y a pas de paix, personne n’est complet et personne ne peut être pleinement en paix.
5. Les prononciations hébraïques ont leur importance
Depuis l’Antiquité, il a toujours existé différentes variantes dialectales de l’hébreu. De fait, la Bible raconte que les gens d’Éphraïm ne parvenaient pas à prononcer le son « ch » dans le mot Chiboleth (« épi »), et disaient à la place Siboleth. Ainsi, à une époque où Éphraïm était en guerre contre le reste d’Israël, quiconque ne pouvait pas prononcer ce mot était identifié comme éphraïmite.1 Plus récemment, certaines communautés juives de Lita (la Lituanie juive) ne parvenaient pas non plus à prononcer « ch » et disaient donc « Sabbos » pour « Chabbos », « Smouel » pour « Chmouel », etc.
Et ce n’est là qu’une différence mineure, propre à quelques communautés seulement. Il existe des différences beaucoup plus larges, qui rendent parfois un même mot presque méconnaissable. Par exemple, un Séfarade pourra parler de la fête de Sou-COTE, tandis qu’un Ashkénaze pourra dire SIK-kiss ou SOU-koïs (il existe de nombreux sous-dialectes aussi bien au sein du monde ashkénaze que du monde séfarade). Cependant, derrière ces différences faciles à maîtriser, il s’agit du même mot, et la langue écrite est identique.
Lire : La différence entre les prononciations séfarade et ashkénaze
6. Un mot hébreu = cinq mots en français
Les mots hébreux sont composés de racines de deux ou trois lettres auxquelles on peut ajouter des préfixes et des suffixes. Ainsi, un mot hébreu comportant plusieurs préfixes et suffixes peut tout aussi bien transmettre ce que cinq mots exprimeraient en français. Par exemple, ויוציאנו signifie « et Il nous fit sortir ». C’est pourquoi, comme tout traducteur de l’hébreu vers le français peut vous le dire, quelques centaines de mots hébreux deviennent souvent plusieurs milliers de mots lorsqu’ils sont traduits en français.
7. L’hébreu est la langue de la prière
La prière occupe une grande place dans la vie juive. Nous prions trois fois un jour ordinaire, quatre fois le Chabbat et les fêtes, et cinq fois à Yom Kippour. La majeure partie de ces prières est en hébreu. C’est pourquoi on apprend souvent aux enfants juifs à lire l’hébreu avant même qu’ils soient en mesure d’en comprendre le sens (notons que les sages recommandent toutefois d’enseigner d’abord la compréhension de la langue).
Lire : Dois-je prier en hébreu ? et Qu’est-ce que la prière juive ?
8. Les voyelles hébraïques sont essentielles
Les 22 lettres de l’alphabet hébraïque sont toutes des consonnes. Le lecteur a donc recours à un système de points et de traits, appelés nekoudot, qui entourent les lettres et fournissent la vocalisation nécessaire. Ces nekoudot sont normalement présentes dans le livre de prières et d’autres textes de base. Cependant, ni la Torah ni le Talmud, ni la plus grande partie de la littérature hébraïque, ne comportent de nekoudot. Comment les comprendre, alors ? C’est un peu comme faire du vélo sans roulettes. Il faut simplement s’y habituer.
9. La (presque) grande renaissance de l’hébreu
À la fin du XIXe siècle, les dirigeants sionistes décidèrent de « faire revivre » la langue hébraïque, qui n’avait plus été couramment utilisée dans la parole quotidienne depuis plus de 1 000 ans, afin d’en faire la langue officielle du peuple juif en Terre d’Israël. Pour cela, ils passèrent au crible la Bible et le Talmud à la recherche de précédents, afin de trouver les mots qui constitueraient leur nouvelle langue. Ils parvinrent à créer l’hébreu moderne, un exploit sans équivalent dans l’histoire de la civilisation. Cependant, cette langue diffère sensiblement de l’hébreu biblique par sa syntaxe et sa prononciation, qui est un hybride simplifié d’ashkénaze et de séfarade, et beaucoup soutiennent que cette nouvelle langue n’est pas la même chose que le Lachone Hakodech, la Langue sainte.
10. L’hébreu est la langue de la Création
Nous lisons dans Genèse 1 que D.ieu prononça dix paroles et créa le monde. Celles-ci furent dites dans la langue hébraïque. Ainsi, les lettres et les mots de la langue hébraïque sont les canaux par lesquels l’énergie divine première fut canalisée vers chaque aspect de la création que nous voyons aujourd’hui. Même maintenant, disent les kabbalistes, D.ieu recrée constamment le monde à neuf, et chaque créature reçoit sa vitalité par l’intermédiaire de son nom hébraïque.

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